LA LUNE ET LA TORTUE

La lune et la tortue... Aussi differentes que le jour et la nuit, que la France et le Japon...

29 avril 2006

Jardin Hama Rikyuen

Aujourd'hui commence la "golden week", au Japon : quatre jours fériés qui s'enchaînent et donnent en réalité une semaine de vacances pour pratiquement tous les Japonais. Mon université est fermée et je suis en vacances. Je n'ai pas trop envie d'écrire ce soir, j'ai envie de ne rien faire, de me coller devant mon ordinateur et regarder un dvd en mangeant du chocolat. Je suis sûre que cela vous est déjà arrivé, alors bon, ne vous plaignez pas si je fais court.

Hier soir, j'avais regardé la météo. Ces temps-ci, le temps est un peu fou au Japon et on a le droit à tout : pluie battante ou petit crachin, orage, grand soleil, nuage, temps très chaud et humide... Aujourd'hui, il ne devait y avoir que des nuages. J'ai décidé de ne pas prendre mon imper car je finis toujours par crever de chaud dans ces cas-là (nuageux sans pluie = temps très lourd). Evidemment, à peine avais-je sorti un pied de la station Shiodome, dans le centre de Tokyo qu'il s'est mis à pleuvoir des cordes jusqu'à la fin de l'après-midi. J'avais fait une heure de voyage, je n'allais pas rebrousser chemin pour si peu, quand même (surtout vu le prix des transports en commun de Tôkyô). Comme dirait mon père "on n'est pas en sucre" et mon Slunicko: "je suis pas au sucre".
Aujourd'hui, c'était le "midori no hi" (緑の日) : "midori" veut dire "vert" et "hi" signifie "jour". Par midori, on entend la nature. Le 29 avril était le jour d'anniversaire de l'empereur Showa, décédé en 1989. Après sa mort, le 29 avril devint un jour férié consacré à l'environnement et à la nature, l'empereur adorant les plantes et les arbres. C'est la raison pour laquelle ce jour là, les parcs sont ouverts gratuitement. Pourtant, avec le temps qu'il faisait, il n'y avait pas foule...
Me voici donc au jardin Hama, sous une flotte dingue, sans imper, sans parapluie (pas pratique pour prendre des photos) avec mon pull à trous-trous et les cheveux trempés. Qu'est-ce que je ne ferais pas pour vous quand même ;)
Dans mon guide, le jardin est appelé "Hama Detached Palace Garden". En japonais, c'est "Hama rikyuen" (浜離宮園) : Jardin de la villa impériale Hama. Le jardin est très vaste: 25 hectares ! Il fut créé en 1654, lieu de villégiature pour la famille du shogun (entre nous, est-ce qu'ils n'étaient pas toujours en vacances ces gens-là ?!?). Malheureusement, le jardin et ses bâtiments furent entièrement détruits dans un incendie causé par un bombardement en 1944. Il fut fidèlement reconstruit après la guerre.
Je n'ai pas tout vu, cela va sans dire : j'ai préféré restée abritée sous les feuillages, mais je reviendrai sûrement. Je me suis promenée autour des deux étangs qui se trouvent en haut de la carte (je ne peux pas dire au nord, parce que vous avez vu où se trouvent le nord sur les plans japonais ?!?)
Erable japonais et lanterne de pierre (en ce moment, j'essaye de faire des photos floues/nettes. Si quelqu'un a des conseils à me donner)

On chassait très souvent le canard dans cet étang (celui de droite sur la carte) entre 1778 et 1944. L'étang est entièrement entouré de végétation. Bon, je n'y connais rien à la chasse aux canards, hein, mais j'imagine que c'est pour pouvoir se planquer et leur balancer une flèche sans qu'ils ne se rendent compte de rien, les pauvres...

D'ailleurs, un peu plus loin, on trouve une stèle pour honorer la mémoire de tous les canards tués. Elle fut placée ici à la demande d'un fauconnier : Yoshiro Tobe, qui appartenait à la Maison Impériale.


Je vous ai dit qu'il pleuvait fort !

Le deuxième étang est traversé par une passerelle de bois. Les promeneurs passent sous une treille de glycines. Malheureusement, ce jour-là, il n'y en avait pas beaucoup. Moi je m'en fiche, hein, de toute façon j'aime pas ces fleurs.

Le jardin se trouve dans le quartier des médias de Shiodome, entouré d'immenses gratte-ciels.

Voici le pavillon de thé Nakajima, fidèlement reconstruit après sa destruction durant la guerre. Pour 500 yens (3,50 euros), on peut assister à la cérémonie du thé et déguster des pâtisseries (souvent très fâdes d'ailleurs) C'est charmant, non ? Le cadre est vraiment magnifique, vous ne trouvez pas ? Et bien regardez cette photo :

Mais c'est vrai qu'au fur et à mesure de la promenade, on oublie les gratte-ciels et on se concentre uniquement sur les décors magnifiques que le jardin offre à nos yeux.


Je trouve tout de même un avantage à la pluie : pouvoir vous présenter les anciennes goutières japonaise. Il s'agit d'espèce de petites coupes de métal percées en leur fond et reliées les unes aux autres par une longue chaîne. Elles sont fixées au coin des toits.

L'eau s'écoule le long de la chaîne, on la voit passer à travers chaque petite coupe pour finalement retomber dans un bassin de pierre. C'est bien plus joli que les vieilles goutières françaises...

Tout ça sous l'oeil d'un des gros chats qui peuplent le jardin, bien à l'abri sur un banc du "coin fumeurs".

Une dernière photo avant de s'en aller... Evidemment, il s'est arrêté de pleuvoir deux minutes après que je sois partie.

Note 1: Lorsque je poste beaucoup de photos comme dans les billets précédents, vous préférez que je les place au sein du billet ou bien que je crée un album photo, ou bien les deux ? Donnez-moi votre avis.

Note 2 : J'ignore pourquoi, mais aujourd'hui, blogger refuse d'afficher les sauts de ligne. Je suis désolée de la gêne occasionnée.

27 avril 2006

Le sanctuaire Yasukuni (1)

Le week end dernier, pour m'aérer un peu les idées après avoir étudié toute la semaine, j'ai décidé de me rendre dans le centre de Tôkyô pour visiter le sanctuaire Yasukuni et le jardin Koishikawa Korakuen. Je vous mets une carte, je ne pense pas que cela se voit très bien, mais j'ai mis une grosse croix rouge pour vous montrer un peu où cela se trouve :
Sans le savoir, vous avez peut-être déjà entendu parler du sanctuaire Yasukuni si vous lisez les articles concernant le Japon dans les journaux français. Vous allez comprendre pourquoi tout à l'heure. Tout d'abord, je vous fais un petit cours d'histoire comme d'habitude:

Le sanctuaire Tōkyō Shōkonsha fut construit en 1869 durant l'ère Meiji afin d'honorer les morts de la guerre civile de Boshin qui périrent pour la Nation. 3500 hommes furent sanctifiés et leurs cendres placées dans le sanctuaire afin d'y être honorées. Par la suite, on ajouta également les cendres de victimes de conflits précédents. C'est en 1879 que le sanctuaire prit le nom de sanctuaire de Yasukuni (靖 = yasu = paisible; 國 = kuni = pays) que l'on traduit par "sanctuaire du pays apaisé".

Aujourd'hui, se trouvent les cendres de 2 466 532 Japonais morts dans les différents conflits depuis l'ère Meiji. On trouve également les cendres de Taïwanais et de Coréens, territoires annexés par le Japon (en 1895 pour Taïwan et 1910 pour la Corée jusqu'en 1945) . La plupart des personnes déifiées sont mortes durant la Seconde Guerre Mondiale (2 133 915 personnes). La plupart d'entre-elles étaient militaires mais l'on trouve également les cendres de civils, hommes, femmes et même enfants : infirmières envoyées sur le front, victimes des bombardements ou bien des torpillages de navires, enfants tués dans les usines dans lesquelles ils participaient à l'effort de guerre...

Il faut préciser que jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, les cendres des victimes de guerres étaient placés d'office dans le sanctuaire, sans l'accord de leur famille !!! (Sympa pour les bouddhistes)

C'est en 1978 que le sanctuaire Yasukuni a commencé à faire parler de lui à l'étranger : cette année là, les cendres de quatorze personnes condamnées à mort lors des procès de Tôkyô (équivalent du procès de Nuremberg en Allemagne) puis exécutées y ont été placées . Certaines d'entre-elles étaient des criminels de guerre de classe A, autrement dit, de hauts officiers militaires ayant planifié, préparé et dirigé l'agression, l'invasion et la colonisation/annexion de Taïwan (1895), de la Corée (1910), de la Mandchourie (1931) et de la Chine du nord (1937). Vous pouvez imaginer l'indignation de ces pays lorsque ceux-là même qui avaient organisé leurs chutes étaient désormais considérés comme des "Dieux".

L'empereur Hirohito s'est rendu plusieurs fois au sanctuaire Yasukuni jusqu'à ce que les cendres des criminels de guerre y soient placées. Plusieurs Premiers Ministres japonais (dont Junichiro Koizumi, l'actuel premier ministre), en revanche, se sont rendus et se rendent toujours régulièrement au sanctuaire. Les gouvernements chinois et coréen crient au scandale, et à vrai dire, je les comprends assez. Imaginez le scandale en Europe si Angela Merkel se rendait sur la tombe des ministres de Hitler (je sais, ils n'ont pas de tombe, mais on peut faire comme si).

Il existe de nombreuses tensions entre le Japon et ses voisines : la Chine et la Corée. Je ne veux prendre part pour aucun des pays impliqués dans ce "conflit" actuel, mais il est clair que je n'approuve absolument pas l'attitude du Japon en ce qui concerne la Seconde Guerre Mondiale et ses suites. Aujourd'hui encore, certains manuels d'histoire destinés aux collégiens nient les exactions commises par l'armée japonaise dans les territoires conquis. Comment les relations Corée-Chine-Japon peuvent-elles s'apaiser tant que le Japon affiche clairement sa position quant au passé, minimisant les crimes de guerre, agissant sans aucun regret sincère malgré les excuses présentées à ses anciens territoires. Ce qu'attendent réellement les deux anciennes colonies, c'est sans doute une indemnisation pour les nombreuses victimes des soldats japonais, comme ces 200 000 "femmes de réconfort", principalement de jeunes coréennes, utilisées comme esclaves sexuelles par les soldats ennemis durant toute la durée de l'occupation.

Il est vrai que les Premiers Ministres Japonais ont affirmé s'être rendu au temple Yasukuni pour des raisons personnelles et non pour honorer les criminels de guerre. Cependant, la justice japonaise a décidé de rendre inconstitutionnelles les visites officielles de Ministres au sanctuaire Yasukuni. La question est donc de savoir si un Ministre peut se rendre à un endroit aussi controversé sans que sa visite ne soit qualifiée d'officielle. Cette question fait d'ailleurs l'objet d'un vif débat depuis la fin des années 1970.

Le sanctuaire Yasukuni gère également un musée. J'ai juste visité le hall et la boutique de souvenir pour prendre quelques photos, mais d'après wikipédia, le musée affiche un ton clairement révisionniste:

"on y nie le massacre de Nankin, l'expansion japonaise en Asie et dans le Pacifique est présentée comme une volonté de constitution d'une zone de prospérité asiatique contre l'impérialisme occidental." D'ailleurs, en japonais, on ne parle pas de "massacre de Nankin" mais "d'incident de Nankin"...

Aucun pays n'est parfait, n'est-ce pas ?

Pour vous montrer comme rien n'est simple, je vous conseille de lire cet article.

(Note: si Junichiro Koizumi se balade sur ce blog, qu'il ait l'amabilité de ne pas m'expulser du pays. Merci d'avance)

26 avril 2006

Le sanctuaire Yasukuni (2)

Bon, je reviens à mes mammouths... Après être passée sous un immense torii en béton ou en métal, pas très beau à vrai dire, il faudrait revoir la déco, les enfants...

... il faut longer une longue allée bordée d'immenses lanternes de pierre appelées "ishidôrô" :

Comme d'habitude, les enfants japonais sont super mignons. Je songe d'ailleurs à en kidnapper un (mais non, Koizumi-san, je plaisante !)

Ensuite, on tombe en plein sur la statue de lui, là, en bas. Waouh, avec le soleil dans le dos, le contre-jour, on sent tout de suite que c'est un héros (sauf quand un gros pigeon vient se poser sur sa tête: tout de suite, ça gâche un peu l'ambiance, merci Monsieur Pigeon). D'ailleurs, il se la joue un peu "le dernier samouraï" celui-là...



Il s'agit de Omura Masujiro (1824-1869), un général qui dirigea l'armée de l'empereur lors de la guerre de Boshin (si vous avez un peu de mémoire, c'est la guerre après laquelle le sanctuaire a été construit. Enfin bon, je ne vous jette pas la pierre, Pierre, parce que si j'étais à votre place, je ne m'en serais pas souvenu du tout).

Le long du côté gauche de l'allée qui mène au sanctuaire, il y a une brocante. On trouve un peu les mêmes trucs que dans les brocantes en France. Si si, je vous assure, j'adore chiner le dimanche matin...

Des trucs très utiles, genre des visages de poupées (je trouve ça super flippant, je sais pas pour vous, mais les poupées ça me fait peur... Peut-être à cause de Chukky, film que je n'ai jamais vu, rien que l'affiche du film "le fils de Chucky" dans le métro l'année dernière me donnait envie de vomir)

Il y a lui aussi, mais il est pas à vendre ... J'ai cru qu'il allait me tuer quand je l'ai pris en photo, mais en fait non, il était sympa. Il joue du shamisen, un instrument à trois cordes japonais. Pour faire vibrer les cordes, il utilise une espèce de spatule en bois.

Après la brocante et les habituelles échoppes de poulpe grillé, on repasse sous un torii et on arrive à la porte qui donne accès à l'enceinte du sanctuaire. Ca m'a un peu choqué les drapeaux: je n'ai jamais vu de drapeau sur une église en France et puis ici aussi, l'Eglise et l'Etat sont séparés. Mais c'est vrai que le sanctuaire Yakusuni est un lieu où on affiche son patriotisme.



Quand on pénètre dans l'enceinte, la première chose que l'on voit, se sont de nombreuses plantes en pots sur un présentoir. Je pensais qu'elles représentaient les défunts. Je suis poétique, uh uh uh. En fait, il s'agit tout simplement d'un marché aux plantes.

Heureusement, il y avait tout de même du spectacle puisque ce jour-là, avait lieu une représentation de danses. Je vous rappelle que certains sanctuaires possèdent leur propre scène. Musique traditionnelle ou musique populaire au choix...

Et voici le sanctuaire lui-même:


Ce jour-là, il n'y avait pas beaucoup de monde mais le 15 août, par exemple, date anniversaire de la défaite du Japon lors de la seconde guerre mondiale, le sanctuaire est bondé.

Juste en face se trouve la petite boutique dans laquelle on vend amulettes, porte-bonheurs et tablettes votives, et pour une fois, on m'a laissée les prendre en photo ! (le scoop !!!)

Au dessus de l'étalage, sont toujours présentées les différentes amulettes avec leur fonction et leur prix. Le bonheur n'est pas donné, s'pas?

Voici des porte-bonheurs à l'intérieur desquels se trouvent des fleurs de cerisier séchées.

Les tablettes votives prêtes à l'emploi.


Et voici des "omamori" typiques, de petites amulettes à l'intérieur desquelles se trouve une incantation. Le commerce du bonheur est florissant au Japon.

Je me dirige ensuite vers le musée devant lequel on trouve pleins de statues rendant hommage à différents groupes ayant souffert de la guerre:

Les chevaux de guerre morts au combat :

Juste en face : pour les mères/femmes qui ont perdu leur mari au combat:


"va dans ta cuisine et occupe-toi des gosses", c'est ça qu'ils auraient du écrire sur le socle.

On peut entrer dans le hall du musée sans payer pour admirer un avion, une vieille locomotive, et des canons ou un truc comme ça: un truc pour tuer les gens, quoi, et puis surtout, pour acheter des souvenirs dans la boutique. Ce sont des souvenirs assez guerriers et patriotiques:

Sous-verres et mugs assortis,


T-shirts, calots et casquettes...

Bandeaux et autocollants


Gâteaux patriotiques, drapeaux ...

Heureusement qu'il y a des colombes blanches dehors pour nous rappeler que le sanctuaire Yasukuni est sensé être consacré à la paix retrouvée...

24 avril 2006

Mains


Mains du bouddha Botokesan Nadi, temple Senso-ji, Asakusa, Tôkyô.

Le mardi c'est ma grosse journée donc je ne poste qu'une photo.

Okoshi

Oh la la, j'ai fait plein de trucs ce week end alors j'ai plein de choses à vous raconter. Je vais commencer par dimanche parce que j'aime bien être illogique.

Dans le cadre d'un atelier sur la communication à l'université, un groupe de trois étudiantes doit passer trois heures avec moi durant le week end (pas tous les week ends, hein) et organiser des activités. Je dois ensuite écrire un rapport pour les professeurs (en anglais siouplait, ça va me faire du bien, avec tout ce japonais, mon niveau d'anglais baisse de façon incroyable !), le but étant de communiquer un maximum.

Hier, j'avais donc rendez-vous à Asakusa (et oui, encore, j'ai l'impression d'y aller chaque semaine) avec Rie, Ayaka et Yuki. Elles avaient pris rendez-vous dans une boutique de biscuits traditionnels pour un cours de cuisine. Nous devions apprendre à préparer des okoshi. Je ne peux pas trop vous parler de ces biscuits. Nous avons eu une projection sur leur fabrication industrielle mais il y avait plein de termes techniques, je n'ai pas trop compris. Après le petit film, un petit grand-père nous conduit dans l'atelier: table en inox, plaques chauffantes individuelles, ingrédients... Tout est prêt pour nous. Il nous fait une démonstration puis ce sera notre tour.


Dans une casserole, du sirop que l'on fait chauffer environ 30 secondes après y avoir ajouté une cuillère de sucre et une noisette de beurre. Ensuite, on baisse le feu et on ajoute des cacahuètes (ingrédient éminemment japonais) puis on chauffe jusqu'à ce que cela devienne collant.


Après avoir encore baissé le feu, on ajoute des espèces de grains de riz soufflés. En fait, ça n'est pas du tout ça, on a vu leur processus de fabrication sur le film, mais ça a le même goût. Peut-être que vous pourrez essayer de faire la recette comme ça...

On touille bien, et quand ça forme un gros paquet compacte, on le verse dans un moule rectangulaire. Il faut ensuite tout aplatir avec les doigts, aïe aïe aïe, c'est chaud !!!

Ensuite, avec une plaque de métal sur laquelle est fixées des lames, on appuie sur la pâte pour découper des barres, la pâte durcissant en refroidissant. On recoupe dans l'autre sens: on obtient des cubes.

On détache les cubes les uns des autres: c'est prêt ! Il ne reste plus qu'à les placer dans une boîte de métal puis en offrir à ses amis. On peut aussi en faire au chocolat et moi j'ai envie d'essayer au caramel. Pour le prix (2000 yens = environ 13 euros) , on reçoit également un autocollant (ouais !!!) mais surtout, tout ce qu'il faut pour refaire des okoshis chez soi: les petits grains, une casserole et une cuillère (au cas où on en n'aurait pas), du sucre, des cacahuètes...

Une expérience très sympa. La prochaine fois, les filles veulent aller dans un atelier où l'on fabrique soi-même une cloche.

22 avril 2006

Chiens

Les Japonais aiment les chiens. Du moins, c'est l'impression qu'ils me donnent. Je vois souvent des gens promener leurs toutous à la tombée de la nuit. J'ai élaboré une classification hautement scientifique de la gente canine japonaise:

1) les petits chiens riquiquis aux gros yeux. Han, comment ils sont trop moches ceux là, c'est incroyable !!! Même les chiens à sa mémère en France ne les battent pas !!! De ce genre là, quoi:

Agrandi 12 000 fois. J'ai failli marcher dessus. (Non non, vous n'avez pas d'hallucination: il porte bien un pull rose et une petit jupe).

2) les chiens normaux. Genre les chiens qui ne se feraient pas casser la gueule par un chat, quoi. Il y a pas mal de golden-retrievers et de labradors mais on croise surtout beaucoup de chiens de race japonaise. Les plus courants sont les shiba inu et les akita inu ("inu" veut dire "chien" en japonais) mais ils se ressemblent et je les confonds. Ils sont beaux, roux avec le museau blanc. On dirait un peu des renards. Et surtout, ils ont une bonne tête de chien sympa:



Vous ne trouvez pas ?

Un des grands plaisirs des propriétaires de chiens rikikis, c'est de les habiller. Mais attention, on ne se contente pas d'un simple manteau à carreaux comme les mamies françaises, non non non ! Le chien doit être à la dernière mode (sweat à capuche, t-shirts imprimés...) avec des couleurs et un look qui lui sont adaptés. D'où des boutiques de vêtements pour chien:

Pour les goûts plus classique, on trouve des vêtements un peu traditionnels près du temple Senso-ji, à Asakusa:

Et si tout cela ne vous plaît et que vous avez des doigts de fée, vous pouvez confectionner vous même les vêtements de votre compagnon poilu puisque l'on trouve des patrons dans les boutiques de coutures !

(hu hu hu, ça s'appelle "camisole facile")

Parfois cela devient vraiment extrême: certains couples sans enfant adoptent un chien (de préférence de la catégorie rikiki) et alors celui-là, il est trop pourri gâté, même que les chiens normaux ils sont trop jaloux! Alors il a sa chambre, il mange à table, il a sa petite garde-robe, il va chez le psychiatre pour chiens, sa môman ne lui achète que de la bouffe dans des magasins de luxe pour chiens... C'est assez pathétique. Heureusement, il ne s'agit que d'une extrême minorité.

Malheureusement, les médias français ont tendance à présenter ces côtés un peu fous du Japon comme des éléments de la vie quotidienne. A chaque fois que je lis un article quelconque sur le Japon dans un quotidien, on présente un cas extrême (la dernière fois, vu dans Libé: un prêtre shintô qui officie dans une boîte de strip-tease. Ca ne court pas les rues quand même, hein) Pourtant, j'ai l'impression que beaucoup de Français se représentent les Japonais en fonction de ces clichés... Je ne sais pas ce que vous en pensez.

21 avril 2006

Biscuits


Biscuits traditionnels, temple Senso-ji, Asakusa, Tôkyô.

20 avril 2006

Balayeur


Balayeur du sanctuaire Meiji-Jingu devant un arbre sacré, Harajuku, Tôkyô.

19 avril 2006

Ema


Ema (tablettes votives) , sanctuaire Togo, Harajuku, Tôkyô.

18 avril 2006

Lanternes


Lanternes du sanctuaire Meiji-jingu, Harajuku, Tôkyô.

Travail, travail et travail

Ouh la la, mais qu'est-ce qui leur prend à mes profs, de me donner autant de travail d'un coup ?!? Je passe mes journées penchée sur le japonais, de 6h du matin à minuit, alors je n'ai pas trop le temps d'écrire maintenant, mais à la place (et si cela se reproduit), je mettrai une petite photo. Voili voulou, souhaitez-moi bon courage.

17 avril 2006

Pitagora switch

Il s'agit de la célèbre "arugorizumu kôshin" (=marche algorithme) de l'émission pitagora switch. Bouge ton corps !

15 avril 2006

Yabusame

Samedi, j'ai assisté à une compétition de Yabusame, un art martial japonais très impressionnant. Des cavaliers, lancés au grand galop sur un étroit couloir, doivent atteindre d'une flèche trois cibles situées le long de la piste. La première cible est placée à 30 mètres du départ tandis que les deux suivantes sont distantes de 75 mètres. Les cibles sont des planches de cèdres assez larges qui contiennent une feuille de papier. Lorsque la flèche touche la cible, celle-ci se brise et libère de petits morceaux de papier. On voit ainsi de loin si le cavalier touche la cible ou pas.

Et maintenant , un peu d'histoire: le Yabusame est un art ancien: on retrouve certaines allusions au yabusame dans des écrits datant du début du 12ème siècle mais il est possible que la discipline soit apparue avant cela.

Il s'agissait au départ d'un exercice guerrier. C'est à l'ère Kamakura (1192-1333) seulement que le yabusame devint un rite pratiqué dans les centres religieux. Les archers montés demandant une victoire à la guerre aux kami (divinités shintô). Aujourd'hui, le yabusame n'est plus très pratiqué. La rencontre la plus connue à lieu en septembre à Kamakura où se trouve un sanctuaire shintô consacré à Hachiman, kami de la guerre. Je ne me consolais pas de l'avoir ratée. Heureusement, j'ai appris il y a quelques temps qu'une autre rencontre avait lieu à Tôkyô, à Asakusa, le long de la rivière sumida.
Je suis arrivée une heure à l'avance pour avoir une bonne place. J'ai pu m'asseoir au premier rang entre la deuxième et la troisième cible. De chaque côté du couloir dans lequel galopent les chevaux (environ 175 mètres de long et 2 mètres de large) se trouve un autre couloir plus étroit. Les spectateurs se trouvent donc à environ 1,50 mètre des participants. C'est très impressionnant.
La rencontre commence d'abord par une procession de tous les participants dans le couloir central et les couloirs parallèles: cavaliers (à pieds ou à cheval. Il y a moins de chevaux que de cavaliers donc ces derniers doivent se relayer), assistants, juges, porteurs de cible... et beaucoup d'autres dont je ne connais pas la fonction. Les costumes sont absolument magnifiques. On se croirait à l'époque Kamakura (même si j'ai mon appareil-photo à la main).


Après la procession, le premier cavalier s'élance. Son cheval blanc est lancé au grand galop, il est très rapide, j'en ai le souffle coupé. Tous les spectateurs se lèvent et se penchent en avant pour mieux voir. Les appareils-photos fonctionnent à plein régime. Je ne vois qu'un vague costume coloré passer à toute vitesse devant mes yeux. Cri de guerre du cavalier, exclamation admirative de la foule pour chaque cible touchée, déçue pour chaque cible manquée. La technique utilisée pour tirer est celle du kyûdô (voie de l'arc) également appelé "tir à l'arc zen". le mouvement est très beau, harmonieux. Même si cela a l'air plutôt facile, on se rend compte qu'en réalité, pour atteindre un tel niveau, un geste si parfait, ces hommes et ces femmes ont du s'entrainer durant des années.

L'un des arbitres (assis à côté de chaque cible) lève une espèce de balai espagnol (ou en tout cas, ça y ressemble vraiment) pour indiquer aux juges (assis face à la deuxième cible) si la cible a été brisée ou pas.
Lorsque tous les cavaliers du premier groupe ont tiré, ils reviennent au pas sous les applaudissement du public. Le vainqueur s'arrête devant les juges et reçoit alors une longue écharpe blanche qu'il noue autour de son torse.
C'est alors au deuxième groupe de passer puis aux suivants. L'épreuve a duré environ 2 heures, mais je n'ai vraiment pas vu le temps passer. Je suis repartie en me demandant pourquoi tous les Japonais ne s'entrainaient pas au yabusame et s'il était possible de le pratiquer en France.

14 avril 2006

Petit bonheur (1)


Aujourd'hui, j'ai mangé un éclair au chocolat... Même qu'il coûtait deux fois moins cher qu'en France. Et délicieux. Elle est pas belle la vie, baby?

13 avril 2006

Magie japonaise

Vous vous souvenez : pour Mardi gras, j'avais fait des beignets. L'inconvénient des beignets, c'est que ça laisse une huile de friture-dégueu-qui-pue sur les bras (enfin, dans la poêle, quoi, c'était juste une expression, hein.). Il n'est vraiment pas très conseillé de la jeter dans l'évier et de ne plus y penser. Non non non! Au Japon, on se fait Harakiri pour moins que ça (mais non, c'est pas vrai-euh! C'est une blague). Que faire? que faire? (et là, j'adopte ma voix de vendeur de produits bizarres et inutiles qui sévissent sur les marchés, genre "je vends un truc pour couper les oeufs durs en tranche, ou bien une espèce de plumeau miracle aux couleurs bariolées qui atteind les coins du plafond et vous permet de vous débarrasser de votre poussière de plafond qui pendouillait là depuis 10 ans sans que cela ne vous dérange outre mesure.)

Alors Mesdames et Messieurs, Marjete vous offre LA solution miracle: Katameru Temple!!! (ça vous en bouche un coin, je le sens bien)


Son utilisation est très simple: même vous, la mamie du fond, là, vous sauriez vous en servir sans aucun problème ah ah ah!!! Dans l'huile de friture encore chaude, on verse seulement un sachet du produit miracle. On mélange bien, puis on laisse reposer une heure!!! Mais oui, Mesdames et Monsieur, vous m'avez bien entendu, une heure seulement!!!


Une heure plus tard, après avoir regardé "questions pour un champion", l'huile s'est totalement solidifiée et il ne vous reste plus qu'à la jeter à la poubelle, dans les déchets organiques, bien évidemment!!!


100% écologique 100% pratique!

Alors, je vous en mets combien de boîtes de Katameru temple?

La barbe

J'ai posté un billet ce matin, avant de partir à la fac... mais comme blogger déconne pas mal en ce moment, y a tout effacé!!! Aaaarghhhh!!!

12 avril 2006

Kaiseki

Vous vous souvenez, la semaine dernière, je vous avais raconté que j'étais invitée à participer à deux journée d'orientation camp: il s'agit d'un séjour organisé par l'université pour les étudiantes de première année afin qu'elles choisissent leurs cours et qu'elles se fassent des amies avant le début de l'année.

La section de littérature japonaise de ma fac est allée séjourner près du mont Fuji, sur le bord du lac Kawaguchi. Le séjour en soi n'était pas très intéressant: nous avons visité deux minuscules musées se trouvant dans "la forêt de la littérature", l'un sur Yukyo Mishima, et l'autre sur... j'ai oublié son nom: un auteur japonais peu connu. Le temps était aux nuages, à la pluie et au brouillard... Peu de temps pour admirer le Fujisan. Impossible de l'apercevoir le matin du deuxième jour, d'ailleurs.

Le reste du temps, je devais aider à organiser des activités pour les étudiantes, rester avec les professeurs (que je ne connaissais pas du tout). C'était assez fatiguant, nous n'avons pas arrêté de la journée. Levée à 6h et couchée à 3h du matin, je n'étais pas en forme le matin du deuxième jour. J'étais un peu là pour faire façade, je pense: montrer que la fac accueillait des étudiantes étrangères. Mais j'étais très contente d'avoir participé, notamment car j'ai eu l'occasion de me faire de nouvelles amies...

Il me semblait cependant intéressant de vous parler de la cuisine kaiseki. Il s'agit d'une cuisine traditionnelle plus raffinée que les plats familiaux de la vie de tous les jours. Le repas est composé de plusieurs petites plats (plutôt minuscules d'ailleurs) mis en scène avec art et classés en fonction de leur mode de préparation. La cuisine kaiseki est donc jolie à regarder... Ce que je n'aime pas cependant, c'est ne pas savoir ce que je mange (Hein Marie? ;)), ne pas réussir à reconnaitre les ingrédients d'un plat. Cela ôte immédiatement un certain plaisir de dégustation: j'étais un peu inquiète lorsque les étudiantes se sont écriées :"goûte, goûte !", je m'attendais au pire... Bref, je préfère la nourriture japonaise plus classique, si je puis m'exprimer ainsi.

Voici quelques photos: dites-moi si cela vous fait envie.

Le déjeuner:


De gauche à droite et de haut en bas:

-Plat mijoté (nimono): nouilles udon aux légumes (champignons kinoko, carottes, potimarron, légumes verts)

- Entrée (zensai): PNI (Plat Non Identifié). Peut-être du tofu?

- Plat frit (agemono) et salade (aemono): petits poissons du lac entièrement frits (je n'ai pas pu manger la tête), salade de spaghettis à la mayonnaise et salade de chou.

- Thé vert

- Riz blanc

- Poisson cru (sashimi): je ne sais pas de quel type de poisson il s'agit. De toute façon, j'ai cru que c'était un légume jusqu'au moment où j'ai goûté...

- pickles (tsukemono)

Le dîner:

-Plat mijoté: sukiyaki (délicieux!) fondue japonaise de tranches de boeuf et de légumes. Avant de les manger, on plonge les ingrédients dans un oeuf cru battu. C'est vraiment très bon.

- Plat frit: tempura de crevettes et de légume. Il s'agit de beignets. C'est extrêment gras, lorsque l'on mord dedans, de l'huile dégouline dans la bouche, je n'aime pas ça.

-Riz blanc

- Dessert: crême de banane (?) euh... pas très traditionnel. Il faut savoir qu'habituellement, il n'y a tout simplement pas de dessert à la fin du repas. Des fruits parfois...

-Entrée: PNI. Un truc bizarre mais bon. Un peu comme un gateau salé, mou à l'intérieur... Encore du tofu?

- Sashimi: on détache les pétales jaunes de la fleur et on les met dans la sauce soja. La pâte verte: du wasabi, une sorte de moutarde japonaise au raifort.

- Un flanc salé.

- Soupe aux nouilles soba et haricots (soupe froide)

Le petit déjeuner:

Malheureusement, j'étais malade et j'avais juste très soif. Dommage, ça avait vraiment l'air très bon.

-Plat mijoté: tofu et légumes

-Salade et jambon (pas très japonais)

-Salade de haricots verts au sésame blanc

- Jus d'orange (pas très traditionnel)

-Saumon grillé (yakimono) et pickles de gigembre

- Feuilles d'algues nori à manger avec le riz

- Omelette japonaise (sucré-salée)

- Riz blanc

-Sauces

- Thé vert

- Soupe miso aux algues wakame et au poireau japonais (le miso est une pâte de soja fermentée très salée)

Tous ses repas ont été pris dans une pièce japonaise: tatamis au sol, il fallait enlever ses chaussures avant d'y entrer. Nous mangions agenouillés sur des coussins (ouille ouille ouille !) Les plats étaient jolis, mais ne tenaient pas vraiment au corps. J'ai eu très faim pendant ces deux jours. Heureusement, au déjeuner suivant, nous avons eu le droit à un curry de riz japonais... C'était délicieux!!!

11 avril 2006

Ueno...

Dimanche dernier, avec ma voisine Shannon, je suis allée au parc Ueno puis à Asakusa. Au départ, nous avions juste prévu d'aller à Asakusa, mais comme il y avait un changement de métro à la station Ueno, autant en profiter pour admirer les cerisiers en fleurs.

De bon matin, à l'heure où blanchit la campagne - mais quand même après avoir préparé un bentô- nous sommes parties. Le temps était à la grisaille, la météo annonçait de la pluie en début d'après-midi.

Après une heure de métro (et oui, vive le métro japonais qui me donne mal au coeur !), nous voici à la gare d'Ueno. Ouh la la, mais qu'est-ce qui se passe ?!? Mais... tout le monde sort du métro ? Tout le monde se rue vers la sortie ?!? Moi qui pensais qu'il y aurait peu de monde grâce à la pluie annoncée, et ben je m'ai gouré complètement ! Je ne vous raconte pas le monde devant le passage piéton qui mène au jardin. Déjà, on sent les odeurs de nourriture des différents stands, on aperçoit quelques pétales blancs sur le sol. Il suffit de suivre la foule pour trouver son chemin : nous voilà devant une longue allée entièrement bordée de cerisiers en fleurs. Et oui, le parc Ueno est réputé pour ses cerisiers magnifiques... plus de 1000 tout de même, et oui Mesdames et Messieurs, c'est pas de la gnognotte, ici. On est dans THE endroit du Japon pour admirer les fleurs de cerisiers.

Il faut dire que Hanami est une véritable institution au Japon. Je m'explique, ne vous en faites pas. "Hanami" (de "Hana", fleur et "miru", regarder) est une activité sociale importante, notamment en ce qui concerne la vie en entreprise. Ainsi, en avril, les entreprises organisent des pique-niques entre collègues: sous les arbres, on installe de grandes bâches bleues qui servent à marquer l'emplacement de sa boîte. C'est souvent un bleu qui est chargé de garder la bâche... En gros, de rester assis dessus à poireauter en attendant que les autres employés arrivent. Chacun apporte à manger ou à boire et puis on partage tout. Au bout de quelques heures, autant vous dire que la bière a coulé et que les collègues deviennent beaucoup plus joyeux qu'au départ. Une fête typiquement japonaise en somme.



Shannon et moi prenons notre souffle et nous engageons dans la foule, entre les bâches bleues. Il y a un monde fou!!! C'est d'ailleurs très difficile de prendre des photos. Impossible d'éviter les têtes des passants. Soudain, une bourrasque fait osciller les branches, des milliers de pétales blancs s'en détachent et se laissent porter pas le vent. La même exclamation qui sort de centaines de bouches: "eeeeehhhh!!!", mélange de surprise,d 'étonnement et d'émerveillement.

Shannon et moi décidons qu'iil n'y a pas de raison après tout, et que nous aussi, nous allons pique-niquer ici. Dans une allée de traverse, moins fréquentée, nous nous asseyons sur un petit muret de pierre, sous l'oeil méfiant des chats errants d'Ueno qu'un vieil homme nourrit un peu plus loin. Au menu de ce midi: daikon (un gros radis blanc) citronné, renkon (rhyzome de lotus) au vinaigre, fleurs de colza à la sauce soja, potimarron mariné, tomates cerises, banane et pomme. Accompagnés, bien évidemment d'un onigiri; une boule de riz entourée d'une feuille d'algue nori fourrée à l'umeboshi (prune séchée et très salée) ce jour-là (oui, oui, j'ai acheté un livre de cuisine japonaise et ça se voit. Je vous en reparlerai sûrement). Assises là, nous regardons passer les gens... ou bien plutôt, les gens nous regardent. Un vieil homme passe avec sa femme, et... ouvre des yeux ronds en me voyant. Je ne réagis pas: je suis habituée à ce que les gens me dévisagent. Quand soudain, l'homme dit à sa femme :"regarde, elle mange un onigiri! Un onigiri! C'est incroyable". Puis il me demande à quoi est mon onigiri. "Umeboshi?!? Vous aimez l'umeboshi!?! C'est incroyable!!!". Il rit et commence à discuter avec nous. Plus tard, un autre homme aura exactement la même réaction.

J'aime bien ce genre de personnes, qui n'hésitent pas à dire ce qu'ils pensent, qui s'adressent aux étrangers avec une facilité et une aise déconcertantes, qui attirent immédiatement la sympathie ... ce dont je suis absolument incapable. Merci Monsieur de m'avoir parlé ce jour-là. Merci de ne pas m'avoir considérée comme une extraterrestre. Merci de m'avoir parlé d'emblée en japonais.

Après cet interlude sympathique, nous reprenons notre chemin. Je suis déjà allée deux fois au parc Ueno. Cependant, c'était la première fois que je voyais le sanctuaire Tosho-gu. Il est dédié à Tokugawa Ieyasu, le fondateur, du shogunat d'Edo. Comme tout sanctuaire shintô (allez souvenez-vous, quoi) on y trouve des torii, des chiens-lions gardiens, des tablettes ema, des amulettes protectrices... Quelque chose de neuf cependant:

Une flamme du souvenir pour les victimes d'Hiroshima entourée de guirlandes de grues en origami.

Après avoir pris des photos, nous nous laissons entraîner par la foule dans une petite allée qui nous ramènera à notre point de départ. Comme dans tout rassemblement qui se respecte, on trouve des stands qui vendent des plats japonais (l'équivalent de la camionnette qui vous vend des saucisses-frites lors de la fête du village):

saucisses sur un bâton et brochettes de viande (500 yens!!! Pas donné du tout!)

du maïs grillé

du poulpe grillé

des minis okonomiyaki: sorte de crêpes au chou et au porc (la bâche bleue du stand donne une couleur étrange)

Des "bananachoco", bananes plongées dans du chocolat fondu (du chocolat bleu?!? Je n'avalerais jamais un truc pareil, moi!)

et puis nous, on a craqué pour la barbapapa blanche, emballée dans un sac en plastique à l'effigie de super-héros japonais (ils ressemblent aux Biomans, non?)

...

... et Asakusa

... Ensuite, direction la gare pour arriver à Asakusa, quatre stations plus loin. Pour que vous ayez une idée de ce à quoi ressemble le métro de Tokyo, voici un plan:


Ueno et Asakusa se trouvent au nord-est de Tôkyô. Vous trouverez une version française ici. (Pdf)

Je m'étais déjà rendue à Asakusa, au temple Senso-ji le deuxième jour de mon arrivée. Autant vous dire qu'avec le décalage horaire, ça n'étais pas l'idéal. En plus, il s'était mis à pleuvoir des cordes... Cette fois, le ciel était juste gris, mais pas de pluie à l'horizon malgré le bulletin météo.

Pour arriver au bâtiment principal du temple senso-ji, on passe par une longue allée bordée entièrement de boutiques qui vendent des souvenirs en tout genre:

des ceintures de kimonos

aux porte-clefs

en passant par des gâteaux traditionnels fourrés à la pâte de haricots rouges sucrée, fabrication artisanale sous vos yeux ébahis, Mesdames et Messieurs.

On peut également acheter des soft-creams, espèce de glaces à l'italienne. A Asakusa, on trouve des tonnes de parfums différents.

Alors je traduis : vanille, thé vert, sésame noir, chocolat, fraise, cappucino, amande, châtaigne, yaourt à la myrtille, caramel, tôfu, ananas, melon mûr, orange, banane, patate douce, raisin, yuzu (une espèce de citron japonais), rose, riz complet, cacahuète, abricot japonais, fleur de cerisier, mangue. Saison oblige, j'ai pris une glace au sakura... Le parfum est très léger, c'est bon... mais elle ne détrône pas mon parfum préféré: sésame noir (oui oui, la glace grise moche qui fait pas envie!)

Après cet intermède culinaire, nous reprenons notre chemin vers le temple, passant devant la grande pagode (reconstruite en 1973)

Voici le bâtiment principal du temple, construit en 1958. A l'intérieur se trouve la statuette en or de Kannon (divinité bouddhiste de la miséricorde), trouvée en 628 par des pêcheurs japonais dans la rivière Sumida qui coule non loin de là. Le temple senso-ji fut àl'origine bâtit en 645! Malheureusement, le temple succomba sous les bombardements de la seconde guerre mondiale et fut reconstruit après la guerre. Comme dans tout temple célèbre, on y trouve toujours énormément de monde!


La porte Niten située à l'est a survécu aux bombardements et date de 1618:

Elle est plus belle que le reste des bâtiments, non? Elle fait plus authentique et est plus à mon goût.

Juste à côté de cette porte se trouve un sanctuaire: l'Asakusa Jinja.

Il est dédié aux pêcheurs qui trouvèrent la statue de Kannon dans la rivière. C'est amusant de trouver un sanctuaire shintô au sein d'un temple bouddhiste, mais au Japon, tout est possible! Près du sanctuaire, on peut admirer un cerisier que je trouve magnifique.


Un peu plus loin, encore un arbre incroyable. Celui-là a sans aucun doute vu bien plus d'années que moi.


Shannon et moi décidons de rentrer et sur le chemin, pas très loin du temple, nous nous faisons alpaguer par un japonais qui nous parle en anglais. Il nous propose une initiation gratuite à l'origami spécialement pour les étrangers. Alors... cest parti mon kiki ! Il faut savoir que je suis particulièrement nulle pour ce genre de travaux manuels et j'ai eu beaucoup de mal à finir la grue. La prof n'a pas arrêté de se bidonner, Shannon a du m'aider, mais finalement, j'ai réussi. J'ai créé la grue de papier la plus moche du monde, certes, mais c'est moi qui l'ai faite avec mes petits doigts!!! Ouaich!

Ami lecteur, un petit divertissement: a ton avis, quelle grue a pliée ta blogueuse maladroite préférée?


Oui oui, tu as bien trouvé: celle qui a un bec tout tordu et des ailes frippées. Sur ce, ami lecteur, je te laisse.

09 avril 2006

Origami


Voici des chaînes de grues réalisées en origami : les fameux papiers pliés japonais. Les grues sont reliées les unes aux autres par un fil, formant ainsi des guirlandes très colorées. On trouve ces guirlandes en différents endroits au Japon. Cependant, en général on les trouve dans les monuments dédiés aux victimes des bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki.

Pourquoi ? Et bien, laissez-moi vous conter cette belle, mais triste histoire :

Sadako Sasaki est née le 7 janvier 1943, près d'Hiroshima. Le 6 août 1945, alors âgée de 2 ans, elle se trouvait à environ deux kilomètres du point d'explosion de la bombe atomique. Miraculeusement, elle ne fut ni blessée ni tuée par l'explosion malgré son jeune âge. Beaucoup n'eurent pas cette chance...

Après la guerre, la vie continue... Sadako grandit, elle va à l'école, elle aime beaucoup courir... Elle a une vie normale pour une enfant de son âge, malgré l'ombre de la bombe qui plane toujours dans les esprits à Hiroshima...

(Avec l'équipe de relais de son école : Sadako se trouve au milieu du premier rang)

Malheureusement, vers l'âge de 9 ans, Sadako commença à avoir des problèmes de santé : évanouissements, étourdissements, grande fatigue... On diagnostiqua une leucémie, le "mal de la bombe atomique". Beaucoup de gens touchés par les radiations furent tués par la suite par cette maladie. Sadako fut hospitalisée pour un temps indéfini. Il faut savoir qu'à l'époque, la plupart des gens succombaient à cette maladie.

Les enfants de sa classe se relayaient pour lui rendre visite. Un jour, sa meilleure amie lui offrit une grue de papier et lui rappela que d'après une ancienne légende japonaise, quiconque pliait mille grues voyait son voeu exaucé. Sasako mit beaucoup de foi en cette histoire et commença à plier des grues, espérant qu'une fois la millième grue terminée, elle guérirait et pourrait rentrer chez elle.

Sadako resta longtemps à l'hôpital, mais après avoir plié 500 grues, elle se sentit mieux et pu rentrer chez elle. Malheureusement, après quelques jours, elle fut de nouveau hospitalisée, se sentant mal.

Sadako Sasaki est morte à l'hôpital, à l'âge de 12 ans, le 25 octobre 1955. Après avoir passé trois ans et demi à l'hôpital, elle avait plié 644 grues. Pour plier ses grues, elle en était même venue à utiliser les étiquettes de ses flacons de médicaments.

Après sa mort, les enfants de sa classe, très touchés par son histoire, plièrent les 356 grues manquantes. Ils rassemblèrent ensuite des lettres écrites par Sayako puis les publièrent afin de récolter de l'argent. Des enfants de tout le Japon participèrent à cette récolte de fonds qui permirent d'ériger une statue de Sadako en mémoire de tous les enfants tués par les bombes en 1958. La statue se trouve aujourd'hui dans le parc de la Paix d'Hiroshima. Elle représente Sadako, les bras ouverts, levés vers le ciel, portant une grue d'or. Sur son socle sont gravés les mots suivants: "Ceci est notre cri. Ceci est notre prière. Paix dans le monde."


Tous les ans, des enfants du monde entier plient des chaînes de grues et les envoient à Hiroshima. Les chaînes sont ensuite placées autour de la statue de Sadako. C'est ainsi que la grue de papier est devenue un symbole de paix.


Si vous désirez vous même envoyer des grues de papier, voici l'adresse :

Parc de la paix d’Hiroshima
Bureau du Maire
Ville d'Hiroshima
6-34 Kokutaiji-Machi
1 Chome Naka-Ku
Hiroshima 730
Japon

07 avril 2006

En raison de problèmes techniques...

Je ne sais pas pourquoi, depuis avant-hier, je ne peux pas poster d'image sur mon blog... Or, poster sans mettre de photo, c'est bien moins intéressant. Donc je suis patiente, j'espère que vous le serez aussi (et si quelqu'un a la moinre idée pour réparer ce problème).

C'est dommage, j'avais plein de choses à vous raconter sur Asakusa, Ueno et le Mont Fuji.

Toutes mes confuses et àbientôt.

03 avril 2006

A bientôt!


Demain je pars pour deux jours tous frais payés dans un hôtel près du mont Fuji pour accueillir les nouvelles étudiantes de mon université. Promis, je prends plein de photos et je vous raconte tout à mon retour. Et puis si j'ai le temps, je vous raconterai aussi mon dimanche japonais. A bientôt!

01 avril 2006

Sakura

Aujourd'hui, je n'ai pas fait grand-chose. Je me sentais mal, fatiguée, barbouillée à cause du décalage horaire. J'ai un peu dormi, rangé, fait du ménage et puis des courses. Pour aller en centre-ville, j'ai pris mon fidèle vélo et comme il faisait beau et très doux, j'ai décidé de longer la petite rivière qui passe près de chez moi. Le chemin est un peu plus long, mais je n'ai pas regretté mes quelques coups de pédale supplémentaires:

Le long de la rivière Sengawa (qui signifie "rivière éternelle"), poussent des cerisiers japonais. Et en avril, les cerisiers sont en fleurs. On m'en avait beaucoup parlé; je n'y avais pas prêté beaucoup d'attention (ben quoi, dans le jardin de mes parents il y a un cerisier. Et parfois, il fleurit. Point. On n'en fait pas tout un fromage). En réalité, je commence à comprendre les Japonais, cette petite étincelle dans leurs yeux, ce petit sourire au coin de la bouche lorsqu'ils évoquent ces arbres si célèbres. Et c'est vrai qu'en tombant si soudainement sur ces fameux cerisiers, je ne m'attendait pas à tant de splendeur et d'émotion.

En réalité, ces arbres sont absolument magnifiques : ils sont souvent assez hauts (un peu comme un chêne) avec une écorce grise, douce. Leurs branches sont fines et nombreuses, elles se penchent vers le sol. Les fleurs forment d'énormes grappes blanches ou rosées et cachent presque entièrement les branches. Lorsque l'on s'approche, elles sont fines et délicates, sous le vent, leurs pétales se détachent et tombent comme de la neige. C'est féérique.


Les photos que j'ai prises ne sont pas terribles, mais j'irai prochainement au parc Ueno, réputé pour ses cerisiers fleuris sous lesquels les Japonais organisent des pique-niques.

Souvenirs, souvenirs


Et voilou, chuis de retour au Japon... Et oui, déjà presque un mois sans vous parler de sushi et compagnie, ça commençait à faire long, d'autant plus qu'écrire dans ce blog me fait me sentir bien moins seule... Bon, même si c'est un site dédié à mon expérience japonaise, j'ai tout de même envie de vous montrer les choses diverses-z-et-variées que j'ai vues en France, histoire de rattraper le temps perdu pour que vous ne m'en vouliez pas trop.

Alors, avec mon Tchèque, on a fait des trucs dingues!!! D'abord, on est allé place du Trocadéro (je reconnais que ça n''est pas très dingue jusque là):




Ensuite, direction le château de Versailles (un peu plus folichon, non?):




Et pis après, comme on voulait pas passer pour des gros intellos, on est allé rendre visite à Mickey (comment j'assume alors que je sais que mes copines lisent ce blog!!! waouh!!! quelle maturité, j'en reviens pas!!!)

(Je tiens à préciser que ce n'est pas moi sur la photo: je ne viendrais jamais toute seule pour conduire les petites voitures de Disneyland!!!)

A Rouen, pour voir ma meilleure popine de tous les temps (coucou Pol's!):


A Deauville pour frimer sous le vent sur la plage déserte:


En Normandie, sur la falaise des vaches noires, près de Houlgate:


Au Mont-Saint-Michel:


On a même visité l'ancienne abbaye:

A Saint-Malo:

Et enfin, au Haras du Pin, le "Versailles du cheval":


Allez, je vous mets aussi un Percheron, cheval de trait typique de ma région qui a bien failli disparaitre lorsque les tracteurs l'ont remplacé:

On ne dirait pas comme ça, mais ils sont vraiment énormes! Ils pèsent entre 500kg et 1200kg! et peuvent atteindre 1,85m au garrot.

Le reste du temps, je l'ai passé avec ma famille. Le temps passe bien trop vite quand on est avec ceux que l'on aime. Mais je me suis faite de nombreux nouveaux souvenirs en attendant de revoir tout le monde...

Ah, et puis maintenant que je peux poster des images de mon ordinateur, je voulais mettre cette photo:


Je pense toujours à toi...