LA LUNE ET LA TORTUE

La lune et la tortue... Aussi differentes que le jour et la nuit, que la France et le Japon...

27 février 2006

Kamakura: le Grand Bouddha

Bon, voila, j'arrête avec les cours d'histoire que vous devez trouvez un peu casse-pieds. Mais je pensais qu'entendre parler du Grand Bouddha de Kamakura sans connaître un peu l'histoire du mouvement bouddhiste au Japon aurait été comme manger du fromage sans pain (ce serait quand même bon, mais on se dirait qu'il manquerait quelque chose. Oh la la, on dirait une parabole de la bible... Il faut que je me calme).

A présent braves gens, oyez oyez l'histoire du daibutsu de Kamakura (大 dai= grand; 仏 butsu = bouddha).

Pour se rendre jusqu'au Grand Bouddha qui se trouve du côté ouest de la ville, nous empruntons (toujours Sayaka et moi) une petite ligne de chemin de fer vieille de 100 ans! Pour passer d'un quai à l'autre, il faut traverser la directement la voie. Il n'y a pas de machine pour compter les billets comme dans les gares habituelles: il faut montrer son billet au chef de gare (au Japon !!!)Mis à part au niveau des gares où deux voies se font face, sur tout le reste du chemin, il n'y a qu'une voie. La circulation se faisant dans les deux sens, le train est obligé d'attendre l'autre train pour pouvoir continuer son chemin (j'explique pas très bien mais vous pouvez mieux comprendre avec la photo).



A certains endroits, nous passons entre deux rangées de maisons très rapprochées l'une de l'autre. Sayaka m'a raconté que lorsque les gens font sécher leurs futons à la fenêtre, le conducteur du train est obligé de s'arrêter et de descendre décrocher les futons pour que le train puisse passer!


Du train, on aperçoit également la mer, mais comme il y a une autoroute entre le rivage et la voie ferroviaire, les photos sont moches.

Il faut descendre à la station Hase et marcher environ 10 minutes avant d'arriver au Daibutsu. Evidemment, l'entrée est payante (seulement 200 yens = moins de deux euros).

Tiens, ici aussi on retrouve une petite fontaine bien semblable à celle du sanctuaire Hachimangu...

Après s'être lavé les mains et la bouche, on débouche sur une grande cour au fond de laquelle se tient le Grand Bouddha. Pas de promenade dans un petit jardin, pas de chemin sinueux: je tombe sur lui avec plaisir, soudainement. Il est immense, sous le ciel, au pied d'une colline boisée. Il a les yeux fermés, les mains jointes, en pleine méditation...

Le Grand Bouddha est une statue apaisante. J'ai l'impression de voir une réplique de l'arbre millénaire du sanctuaire Hachimangu: aussi grands, aussi paisibles l'un que l'autre bien que vénérés par des religions différentes, et pourtant si profondément liées au Japon. Ils me donnent tous les deux la même impression, m'invitent tous deux au respect et à la paix. Je me sens bien mieux dans ce genre d'endroit, à ciel ouvert, qu'enfermée dans une église.

La taille du Daibutsu varie en fonction des sources: entre 11 et 15 mètres. Il est le deuxième plus grand bouddha du Japon après celui de Nara. La statue représente Amida Nyorai (ah, Amida, vous vous souvenez? Celui qui a promis de sauver tout le monde) La statue pèse 93 tonnes. Sur sa tête sont sculptée 656 boucles de cheveux: une caractéristique traditionnelle typique aux statues d'Amida.

Habituellement, les statues de Bouddha se trouvent dans un temple. D'ailleurs, c'était le cas du Daibutsu de Kamakura: autrefois, il était protégé par un énorme temple. Mais celui-ci fut détruit par un raz-de-marée au 15ème siècle et depuis, le Bouddha médite en plein air. Il était autrefois recouvert d'une couche d'or qui a disparu depuis longtemps maintenant. La statue du Daibutsu de Kamakura fut moulée en 1252 et a résisté aux raz-de-marée, aux incendies, aux séismes et aux typhons depuis lors. Aujourd'hui, le Daibutsu repose sur un socle absorbant les chocs sismiques.

Les élèves d'une classe de primaire ont fabriqués des sandales de corde pour le Grand Bouddha: ainsi, si il souhaite d'en aller, il ne sera pas nu-pied. Les sandales sont accrochées juste à côté du coin fumeur.



Et puis j'aime bien cette photo (regardez le petit garçon assis devant):



Après cette visite, on a repris le petit train et on a continué à longer la côté en s'éloignant de Kamakura. On voulait voir la mer. Bien qu'habitant sur une île, je n'ai vu la mer qu'une seule fois, lorsque je suis allée à Daiba... Franchement, ça ne ressemblait pas à la mer, c'était moche et déprimant. Cette fois, j'ai été gâtée. Au début de l'année, Sayaka m'avait prévenue: elle était nulle pour me faire visiter Tôkyô, mais elle pouvait me montrer de belles plages. Et ben elle avait raison sur un point (ben oui, elle est pas nulle pour faire visiter Tôkyô!).

La mer japonaise sent comme la mer française.

Le sable était noir... Sable volcanique?



Et puis encore une dernière photo pour la route, juste pour le plaisir...


Je retournerai sûrement à Kamakura car il reste encore tant de choses à voir... Notamment des temples bouddhiste. Après vous avoir fourni le mode d'emploi d'un sanctuaire shintô, j'espère faire la même chose pour le temple bouddhistes.

1 Comments:

At 26 février, 2006 21:58, Blogger papounet said...

Très joli le GRAND Bouddah et puis pas blanc (ni noir non plus) Mais grand. Et puis calme et les mains superbes les mains. C'est l'entrée du tunnel de l'âme.

 

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